Crise au Sahel : 29 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire et de protection (OCHA)

Rédigé le 29/04/2021
MAP


Dakar – Quelque 29 millions de Sahéliens ont besoin d'aide humanitaire et de protection, soit cinq millions de personnes de plus que l'année dernière, indique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU.

Ce chiffre qui constitue un nouveau record, est enregistré à travers six pays : Burkina Faso, le nord du Cameroun, le Tchad, le Mali, le Niger et le nord-est du Nigeria, selon un communiqué de l’OCHA qui fait état de l’inquiétude exprimée par les agences d'aide des Nations Unies et les organisations non gouvernementales face à cette aggravation rapide de la crise.

"Alors que la crise sahélienne se prolonge dans le temps, une génération entière d'enfants est en danger. Avec des incidents de sécurité qui continuent de monter en flèche, l'impact sur les enfants est dévastateur", souligne la même source, notant que le nombre d'attaques violentes a été multiplié par huit dans le Sahel central et par trois dans le bassin du lac Tchad.

La violence et l'insécurité perturbent gravement les services sociaux de base et les besoins croissants au Sahel sont exacerbés par un espace humanitaire toujours plus réduit, ce qui entraîne l'ensemble de la réponse dans une spirale négative.

Le nombre de personnes déplacées de force n'a jamais été aussi élevé, poursuit le communiqué, relevant que du Sahel central au bassin du lac Tchad, 5,3 millions de personnes sont déracinées et ont besoin de protection.

"Le conflit au Sahel prend de l'ampleur, devient plus complexe et implique de plus en plus d'acteurs armés. Les civils finissent par payer le prix le plus lourd car ils sont confrontés à un nombre croissant d'attaques meurtrières, de violences basées sur le genre, d'extorsions ou d'intimidations, et sont contraints de fuir, souvent à plusieurs reprises", ajoute l’OCHA.

Cette situation sans précédent exige une action immédiate, mais l'un des principaux défis pour fournir une aide efficace reste le manque de financement, souligne le communiqué, notant qu’à la fin du mois d'avril, seuls 9% des 3,7 milliards de dollars nécessaires ont été reçus