Elections législatives en Algérie : "désintérêt général" et échec pour "discréditer" le Hirak (Efe)

Rédigé le 13/06/2021
MAP


Madrid - Les élections législatives, tenues samedi en Algérie, ont été marquées par « une abstention et un désintérêt élevés » et ont mis en échec la tentative du régime de « discréditer » le mouvement populaire qui a appelé à un boycott massif de ce scrutin, rapporte l'agence de presse espagnole «Efe». Le taux d’abstention record et le boycott exprimé par la classe politique et la population « soutiennent les thèses du mouvement de protestation sociale Hirak, qui appelle à la chute du régime et à l’installation d’un régime civil », souligne "Efe". "Conscient de la grave crise sociale, politique et économique que traverse le pays, et incapable d'arrêter un mouvement qui, depuis son déclenchement en février 2019, réclame la chute du régime militaire qui domine l'Algérie depuis l'indépendance en 1962, le gouvernement avait proposé ces élections comme un moyen de démanteler le Hirak", fait observer l’agence de presse espagnole, ajoutant que ce scrutin s’est déroulé "au milieu d'une dure campagne de dénigrement contre le mouvement".

« La plupart des dirigeants du Hirak ont préféré ne pas descendre dans la rue samedi, craignant la vague d'arrestations déclenchée ces dernières semaines et qui s'est prolongée jusqu'à même les heures précédant le début des élections », souligne « Efe ».

"En Kabylie, la plupart des bureaux de vote n'ont pas ouvert et ceux ayant ouvert l'ont fait en secret, uniquement pour les fonctionnaires et l'administration locale", a expliqué Said Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), cité par l’agence de presse espagnole, faisant état d’affrontements et d’incidents dans des villes comme Tichy, El Asnam et Bouira.

Les élections tenues samedi démontrent le « désintérêt du peuple pour ses dirigeants et consolident sa volonté de construire un nouveau régime civil et non militaire », affirme un dirigeant du Hirak, cité par « Efe ».