Depuis le coup d'Etat de juin 1965, l’argent et le fusil forment un couple inséparable en Algérie (média algérien)

Rédigé le 13/06/2021
MAP


Alger - Depuis le coup d’Etat de juin 1965 et la nationalisation des hydrocarbures en février 1971 en Algérie, l’argent et le fusil forment un couple inséparable pour le meilleur et pour le pire, selon le journal algérien "Le Matin d’Algérie".

"L’Argent corrompt et le fusil dissuade", explique le journal dans un décryptage intitulé "Les élections n’effacent pas les problèmes".

Selon l’auteur de l’article, la rente pétrolière et gazière empêche quasiment le renouvellement du personnel politique atteint par la limite d’âge, la diversification de l’économie et la renaissance d’une culture ancestrale qu’elle soit ethnique ou religieuse.

Il fait observer que cette rente freine tout processus de développement ou de démocratisation du pays, relevant que l’argent du pétrole et du gaz donne l’illusion aux hommes que le pouvoir est "éternel".

Il s’agit d’"Une Algérie qui croit au pétrodollar : pétrole comme don de Dieu et dollar comme ruse de Satan. Un pétrodollar qui risque de se convertir au narcodollar", met-il en garde, notant qu’en distribuant de l’argent sans contrepartie productive, le pouvoir crée une dépendance pathologique de la population à son égard et donc une assurance vie pour se préserver.

La salarisation en Algérie signifie émargement au rôle de la rente en contrepartie de son allégeance implicite à la classe au pouvoir, fait-il remarquer, estimant que la rente pervertit et perturbe le rapport salarial et de profit.

"Nous ne produisons rien de nos propres mains (..) Nous importons tout ce que nous finançons par nos exportations d’hydrocarbures", regrette-t-il.

"Dans un pays chômé et payé où l’argent facile coule à flots, l’économie cède les commandes au politique, le politique à l’incurie et l’incurie à l’écurie qui conduit vers l’abattoir", enchaîne-t-il, soulignant qu’au regard de la mondialisation, les Algériens ne sont "plus des êtres humains mais des objets marchands".

Il fait observer que l’Algérie est le pays des tentations, relevant que "pour le gouvernement algérien, après le pétrole, c’est toujours du pétrole".

"Ailleurs, la richesse est créée, en Algérie, elle est imprimée", fait-il observer, se demandant : " Qui contrôle la production des hydrocarbures en Algérie ?"

Il estime que pour de nombreux observateurs, il aurait été préférable de les garder dans le sous-sol pour les générations futures plutôt que de les transformer en pétrodollars volatiles, ajoutant qu’il suffit d’un simple clic pour s’évaporer.

"C’est cela, l’économie de marché : un marché de dupes. Le pétrole n’aura été qu’un mirage dans le désert saharien. Evidemment la conservation du pouvoir n’a pas de prix. Il s’identifie à la vie", déplore le quotidien