Bulletin économie du Maghreb

Rédigé le 17/06/2021
MAP


Tunis - Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a appelé, dans une nouvelle étude, à accroître la résilience des micro-entreprises nationales et du tissu entrepreunarial qu'il qualifie de "fragile" contre la concurrence européenne prévue dans le cadre de "l'Accord de libre échange complet et approfondi" (ALECA)".

Dans cette étude intitulée "Etude de l'impact attendu de l’ALECA sur les micro-entreprises dans les secteurs du commerce et des services en Tunisie", le FTDES recommande d’orienter les programmes de développement et les soutiens budgétaires vers l’extension des réseaux d’eau, de gaz et de télécommunication (téléphone et Internet) et de faciliter le raccordement des ME (Moyennes entreprises) à ces services de base.

Selon une enquête de l'INS (2016), les ME emploient environ 718.250 personnes et génèrent une valeur ajoutée (VA) de 9,48 milliards de dinars (1 euro = 3,30 dinars), soit près de 9% du PIB.

Le Forum suggère de créer de clusters ou zones industrielles accueillant les ME appartenant à des domaines d’activité complémentaires afin de créer des externalités positives, des synergies productives et des économies de coûts liés à l’extension des réseaux d’infrastructure de base.

En ce qui concerne la finance, le FTDES propose le développement d’un réseau associatif et coopératif spécifique aux micro-entrepreneurs et leur sensibilisation aux avantages que procurent le réseautage et l’adhésion aux associations professionnelles (meilleure connaissance du marché, soutien financier et social, formation et amélioration des compétences, etc.).

Il plaide en faveur de l’émergence et du développement des coopératives de crédits et des mutuelles d’assurance pour les différentes activités des ME, de mettre en place des initiatives de soutien financier dans les zones rurales et les régions de l’intérieur en collaboration avec la BTS et un réseau d’Institutions de micro-finance (microcrédit, micro-assurance et micro-épargne) en lançant des lignes de crédits et des programmes de subvention de taux d’intérêt.

Le développement des programmes de financement par capital-risque exclusivement dédiés aux ME en collaboration avec les établissements financiers publics et privés et le lancement de campagnes de sensibilisation et des programmes de formation visant à répandre une certaine culture financière parmi les micro-entrepreneurs, figurent également parmi les recommandations du FTDES.

En matière de politique concurrentielle et d’aide publique, les auteurs de l’étude soulignent l’importance de mettre en place un cadre législatif et une politique publique exclusivement dédiée à la préservation et au renforcement de la compétitivité du secteur des ME de commerce et de services.

Ils appellent, en outre, à prendre en considération l’hétérogénéité du secteur des ME et à mieux cibler l’allocation des subventions et des aides publiques. L’allocation des subventions, des aides et de toute forme de soutien financier doit privilégier les micro-entrepreneurs innovants, a préconisé l'étude.

Elle recommande aussi la mise en place d’un système de protection des ME en s’inspirant des clauses de l’Accord Général sur le Commerce des Services et qui soit en harmonie avec les clauses de l’ALECA afin de réduire les retombées négatives de l’ouverture sur le marché européen, ainsi que d’un cadre législatif visant à protéger les ME opérant dans le commerce de gros et surtout le commerce de détail vis-à-vis de la concurrence des grandes et moyennes entreprises européenne après la signature de l’ALECA.

Elle suggère d’adopter des mesures concrètes afin de réduire la vulnérabilité des ME opérant dans les services face à la concurrence européenne.

Pour ce qui est du climat des affaires, le FTDES estime important d’accroître la transparence, de réduire les complications administratives et bureaucratiques qui touchent à l’enregistrement et la délivrance de permis d’activité pour les micro-entrepreneurs et de simplifier le cadre législatif, la réglementation du travail et le système fiscal spécifiques aux ME.

La Tunisie et l’UE négocient, depuis 2016, un ALECA qui se base sur l’Accord d’association (AA) signé en 1995 et entré en vigueur en 1998 entre la Tunisie et l’UE et qui vise à en augmenter la portée et la profondeur à travers la libéralisation des secteurs de l’agriculture et des services.

-. Une grève générale de trois jours sera observée, à partir de ce jeudi, par les boulangeries dans les différentes régions de Tunisie, a annoncé le président de la chambre nationale des boulangers, Mohamed Bouanen.

D’après Bouanen, la décision de la grève vient en signe de protestation contre les agissements de l'autorité de tutelle qui refuse de répondre aux revendications des professionnels du secteur qui compte 3.500 boulangeries.

Il a rappelé que les propriétaires de boulangeries revendiquent essentiellement, le remboursement de leurs dus auprès de l’Etat, dont le montant est estimé à environ 50 mille dinars (1 euro = 3,3p0 dinars) pour chaque boulangerie, et l'application de la loi organisant cette activité, afin de faire face aux personnes intruses à cette activité et qui exercent sans même posséder une carte professionnelle.

-. Alger, Le président du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise en Algérie (CARE), Slim Othmani, a exprimé mardi sur le plateau du CEE (Café des Experts Economiques), a dénoncé le blocage dont font face les entreprises algériennes.

"Est-ce qu’aujourd’hui, on est capable de dire qu’on a une équipe exécutive et législative capable de mettre sur la table un projet de trajectoire. Est-ce qu’il y a de la compétence dans l’administration pour exécuter la trajectoire à laquelle aspirent les Algériens ?", s’est-il demandé dans des déclarations à une radio locale algérienne.

Pour Othmanie, une trajectoire c’est une liberté d’entreprendre, de transparence et de gouvernance économique cohérente avec ce qui se passe dans le monde.

"J’ai entendu en haut de l’exécutif une réelle volonté de mettre en œuvre cette transparence, mais leur discours est, par moments, contredit", a-t-il regretté.

Il a expliqué que des textes sont introduits au journal officiel, pénalisant et freinant la dépénalisation de l’acte de gestion, "alors qu’il a été dit que le texte (pénalisation de l’acte de gestion) est prêt mais pas encore promulgué".

"Qui sont les fameux gardiens du dogmatisme économique qui sont en train de mettre l’Algérie dans une situation dramatique ?, "Qui a bloqué et veut absolument maintenir l’économie algérienne sous la semelle de sa chaussure ?", s'interroge-t-il.

Pour Othmani, il existe une main invisible qui empêcherait l’économie algérienne d’avancer dans le bon sens, estimant qu'il y a un groupe d’individus qui sont suffisamment puissants pour tirer la couverture à eux et ramener l’économie algérienne dans l’état actuel, sans proposer une quelconque trajectoire, mais en imposant systématiquement ce dogmatisme.

Face à cette énigme, il a appelé à dialoguer avec les "vrais détenteurs des décisions".

Evoquant le domaine de l’import-export, Slim Othmanie a déploré une absence totale de stratégie en ajoutant que dans ce domaine, il y a des actions de toutes parts sans vision claire.

Othmanie estime que la sphère bureaucratique s’est habituée à un système qui travaille pour ses intérêts, non pour le pays.