Une ONG suisse saisit le HCDH de l'ONU sur les violations massives des libertés fondamentales en Algérie

Rédigé le 19/06/2021
MAP


Genève - L’ONG suisse « Promotion du Développement économique et social» (PEDES) a alerté le Haut Commissariat des droits (HCDH) de l’ONU, à la veille de la 47ème session du Conseil des Droits de l’Homme, sur les violations graves et massives des libertés fondamentales en Algérie.

Dans une lettre adressées à la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet, et à des rapporteurs de l’ONU concernés par les questions de défense des droits de l’homme, l’ONG PEDES relève que les manifestations du Hirak, le mouvement de protestation populaire pacifique contre le maintien au pouvoir des caciques du régime militaire en place depuis 1962, sont de plus en plus confrontées à une répression policière inhumaine et brutale avec l'arrestation de plusieurs opposants, journalistes et activistes.

Les médias locaux rapportent chaque semaine que l'armée tente de bloquer les entrées vers la capitale et les grandes villes en vue de pénaliser le mouvement, pour empêcher les citoyens de manifester, fait observer PEDES dans cette lettre figurant parmi les déclarations d’ONG publiées sur le site du HCDH.

«Les manifestants continuent, cependant, à se mobiliser afin d'obtenir la mise en place d'une transition et la nomination d'un Président et d'un Gouvernement de consensus national, qui ne soient pas imposés par l’Armée », rappelle l’organisation, qui souligne que «l'armée algérienne rejette fermement toute transition, que ce soit à travers la convocation d’une Assemblée Constituante, ou le départ de l'équipe exécutive en place dont la légitimité est contestée par les manifestants du Hirak".

Le régime militaire a même imposé aux Algériens, début novembre 2020, une nouvelle constitution à travers un référendum auquel moins de 23,7% de la population a pris part, a relevé la même source.

Plusieurs rapports d’ONG internationales de défense des Droits de l’Homme ainsi que le Rapport du Département d’État Américain sur les Droits de l’Homme en Algérie décrivent une situation alarmante et très inquiétante, rappelle l’organisation.

La lettre rappelle dans ce sens que le rapport du Département d’État Américain avait pointé de multiples violations des droits en Algérie, notamment la détention arbitraire, la situation des prisonniers politiques, le manque d'indépendance et d'impartialité de la Justice, l’ingérence illégale dans la vie privée, les graves restrictions à la liberté d'expression et de la presse, y compris les lois pénales sur la diffamation, les arrestations de journalistes, le blocage de sites et la corruption.

Pour l’ONG PEDES, les autorités algériennes utilisent des dispositions vaguement formulées dans la loi pour arrêter et détenir des individus considérés comme troublant l'ordre public ou critiquant le gouvernement.

Dans cette lettre, l’organisation non gouvernementale suisse rappelle les multiples rapports d’organisations internationales qui ont critiqué la loi interdisant les rassemblements non autorisés, les arrestations massives de manifestants tout au long de l'année, les cas de torture, de traitements dégradants et de décès dans les lieux de détention en l’absence de toute enquête sur ces violations.

L’ONG s’élève également contre les fausses accusations d’«atteinte à la défense nationale », « atteinte à l’unité nationale » et « atteinte au moral de l’armée », portées contre les militants des droits de l’homme en Algérie, outre les violations par les autorités algériennes de la liberté d’expression et du droit des journalistes à exercer leur profession en toute liberté.

Elle appelle Mme Bachelet à faire pression sur les autorités algériennes pour qu’elles cessent « toute forme de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme »