Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Rédigé le 22/06/2021
MAP


Tunis - Les derniers développements en Tunisie, la situation catastrophique de l'économie algérienne et le coronavirus en Mauritanie sont les principaux sujets abordés mardi par la presse maghrébine.

Sous le titre "Protéger la jeunesse", "L’économiste maghrébin" écrit que la jeunesse est déçue par le processus de transition démocratique en Tunisie.

Il fait savoir que d’ailleurs, sa condition économique et sociale ne s’est pas améliorée, voire s’est dégradée, comme en témoigne le choix de l’exil de nombre d’entre eux, relevant qu’il s’agit d’un désenchantement conforté par les rapports toujours aussi conflictuels entre la jeunesse et la police.

"Dix ans après la révolution de 2011 ayant entraîné la chute du régime policier du président Zine el-Abidine Ben Ali, les dernières manifestations et protestations contre les violences commises par la police ont un caractère paradoxal", fait-il observer, expliquant que d’un côté, elles traduisent en acte l’un des acquis (fragiles) de la révolution, tels que les libertés d’expression, de manifestation et de l’autre, elles réveillent les vieux démons chez une jeunesse des quartiers populaires confrontée à l’arbitraire et aux abus de policiers forts d’une impunité de fait.

L’Etat policier (c’est-à-dire un régime reposant sur la capacité de l’institution policière pour imposer un ordre arbitraire, au mépris des droits et libertés des citoyens assimilés à une menace potentielle) est-il vraiment révolu ?, se demande-t-il

Il rappelle dans ce sens la "multiplication des violences perpétrées par des agents dépositaires de la force publique et de la faiblesse des réactions-sanctions de la part des autorités compétentes".

Ce type de défaillance porte atteinte à l’Etat de droit, dans lequel les autorités publiques (politiques ou administratives, y compris celles chargées du maintien de l’ordre public) sont soumises au respect des règles de droit, notamment les libertés publiques des simples individus, regrette l’auteur de l’article.

Il soutient que le degré de violence étatique, jugé illégitime, injustifié et même illégal, alimente insensiblement une culture de la violence qui essaime bien au-delà des rangs des manifestants.

En effet, ce sont les familles des blessés qui sont touchées, puis leurs proches et leurs cercles élargis jusqu’à concerner la société dans son ensemble, fait-il remarquer, ajoutant que de loin en loin se cultive le ressentiment à l’égard des forces de l’ordre, de ceux qui les dirigent, voire les actions de désobéissance civile.

Il estime que le pic de tension s'inscrit dans un contexte plus global, un désenchantement qui semble se prolonger par un manque de foi dans le nouveau régime à répondre à ces attentes, à ces urgences.

L’absence d’une caisse de résonance des préoccupations des jeunes dans la classe politique a provoqué une crise de confiance aiguë, ajoute la même source, relevant que plus qu’un paradoxe, il s’agit là de la manifestation d’une fracture politique et sociale entre la jeunesse et la plupart des institutions du pays, y compris les partis politiques.

"Ceux qui ont fait chuter le régime dictatorial se trouvent de fait exclus du nouveau régime. Une injustice historique confortée par le malaise que provoque l’image renvoyée par la démocratie naissante en Tunisie", poursuit le média, pour qui il s’agit d’un constat qui renforce le sentiment de trahison à l’égard de politiques qui auraient confisqué la révolution.

Peu représentée dans la classe politique dirigeante, la jeunesse peine à voir tout progrès en matière de justice sociale, déplore-t-il, estimant que non seulement le taux de chômage atteint les 40% dans certaines régions (les mêmes qu’avant la révolution), mais il continue à frapper particulièrement de jeunes diplômés qui continuent à peupler les terrasses des cafés populaires.

Selon la même source, ces jeunes, poussés par le désespoir et les illusions d’un ailleurs meilleur, continuent à s’aventurer par vagues entières dans des embarcations de fortune.

En Algérie, "Liberté" écrit que le pays vit au rythme d’un tassement de l’économie réelle, d’une grande fragilité budgétaire, d’une vulnérabilité accrue des finances externes, d’un retour de l’inflation et d’une faiblesse chronique de la croissance hors hydrocarbures.

Selon l’auteur de l’article, l’incertitude qui caractérise actuellement l’économie algérienne est telle que la situation ne laisse désormais guère de sursis aux décideurs pour enclencher des réformes concrètes et urgentes avant qu’il ne soit trop tard.

Paramètre fondamental et déterminant, "l’incertitude économique" entraîne désinvestissement, récession, inflation et grandes tensions aux plans social et politique, explique-t-il.

Il note qu’au sens premier du concept, l’incertitude économique renvoie d’abord aux situations d’absence totale ou presque de projections et de visibilité suffisantes sur l’avenir, plus ou moins proche, de l’économie.

Il estime que si l'impact destructeur de la pandémie tend quelque peu à diminuer, il n’en reste pas moins encore présent et même très pesant sur la sphère économique réelle, ajoutant qu’il l’est tout autant sur la conjoncture pétrolière qui conditionne l’essentiel des recettes du pays en devises.

"Même à 100 dollars le baril de pétrole, l’on aura du mal à s’en sortir !", selon un ancien ministre algérien cité par le journal, relevant que dans un tel contexte, force est de se rendre à l’évidence que l’ère politico-sociale de la distribution inconsidérée de la rente pétrolière devrait être désormais vite oubliée.

Il souligne que la relance et la diversification économiques devraient faire l’objet d’un plan d’action clair et concret, et non plus de politiques générales, vagues et sans lendemain.

Un plan de réformes qui ne laisse place ni aux improvisations incohérentes ni aux "petites mesurettes" et autres effets d’annonces à portée conjoncturelle et populiste, insiste-t-il.

En Mauritanie, la presse locale s’attarde sur la situation épidémiologique dans le pays, relevant que le ministère de la Santé a annoncé dimanche la découverte de 22 nouveaux cas du coronavirus au cours des dernières 24 heures en plus d’un décès et 41 guérisons.

Ces résultats ont été obtenus à l’issue de 712 tests dont 512 tests rapides et 198 PCR, relève la même source.

Les journaux rappellent que dans son bulletin quotidien consacré à la vaccination, le ministère a déclaré que le nombre de personnes ayant déjà pris la première dose du vaccin a atteint 80.131 personnes, dont 6902 ont pris la deuxième dose.

Selon ces médias, les autorités mauritaniennes avaient lancé une campagne destinée à vacciner 120.000 personnes contre le coronavirus en trois jours dans le cadre d’une campagne qui vise à vacciner 63% de la population.

Ils ajoutent qu’officiellement, le gouvernement a mobilisé 500.000 doses de vaccin et les efforts se poursuivent pour tenter de réunir un million deux cents milles doses de vaccins.