Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Rédigé le 23/06/2021
MAP


Tunis - Les derniers développements de la situation politique en Tunisie, la crise économique en Algérie et le secteur de l'Education en Mauritanie sont les principaux sujets abordés mercredi par la presse maghrébine.

"Tunisie Numérique" fait savoir que le président de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et chef du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, a reçu mardi l’ancien dirigeant du parti, Lotfi Zitoun.

L’entretien a abordé une prochaine rencontre entre le chef de l’Etat et le président de l’ARP, proposition saluée par Rached Ghannouchi qui a réitéré sa position en faveur du dialogue et du consensus pour sortir le pays de la crise, précise le média.

Il rappelle que le chef de l’Etat Kaïs Saïed a reçu mardi au palais de Carthage, l’ancien dirigeant d’Ennahdha Lotfi Zitoun, ajoutant que cette rencontre a été l’occasion de lever certaines ambiguïtés et de souligner, notamment, que le président de la République n’est pas là pour attester du patriotisme des personnes ou de leur non patriotisme.

Selon la même source, le chef de l’Etat a indiqué dans plusieurs de ses rencontres que pour que le dialogue puisse être considéré comme national, il doit voir la participation des jeunes, de toutes les régions du pays

Pour "Business news", Ryadh Chaibi, conseiller politique de Rached Ghannouchi ne trouve "aucun problème" à une alliance avec le parti Destourien Liberal (PDL) d’Abir Moussi si "l’intérêt du pays l’exigeait".

La même source se demande s’il s’agit d’un ballon d’essai ou une manœuvre pour amadouer l’intraitable cheffe du PDL.

"J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer. La citation de Jean Racine semble s’appliquer parfaitement au plan diabolique concocté par les stratèges d’Ennahdha pour noyauter le parti destourien à défaut de le vaincre sur le terrain", commente-t-il.

Il s’interroge si l’irréductible Abir Moussi, au sommet des intentions de vote pour les prochaines législatives, va accepter ce perfide "baiser de la mort" de la part du cheikh de Montplaisir.

En politique, les revirements spectaculaires sont monnaie courante, mais la ficelle semble très grosse, ajoute-t-il.

D'après le responsable du parti islamiste, cité toujours par la publication, "Pour pouvoir gouverner ce pays, n’importe quel parti politique, y compris le PDL de Abir Moussi, sera dans l’obligation de mettre sa main dans celle d’Ennahdha".

Et d’ajouter que "Si l’intérêt du pays nous impose une alliance avec Abir Moussi, nous le ferons. Cela ne pose aucun problème".

Ce proche du leader historique a énoncé cette étonnante et inattendue "alliance" entre les deux pôles diamétralement opposés comme une solution à l’actuel blocage politico-constitutionnel, précise la même source.

"Et ce, au nom de 'l’intérêt du pays’ ou plutôt pour servir les propres intérêts du parti islamiste. La différence est de taille", détaille-t-il.

Revenant sur les dernières déclarations du chef de l’Etat, lequel proposait de revenir à la Constitution de 1959, le député nahdhaoui opposait un niet catégorique, poursuit la même source.

En Algérie, "TSA" relève que l’économie algérienne traverse une crise sans précédent, avec une dette interne colossale, la baisse des revenus pétroliers et le déclin de la production d’hydrocarbures, et l’absence de véritables réformes économiques.

Selon l’auteur de l’article, le Premier ministre Abdelaziz Djerad s’est exprimé à l’occasion de la présentation du plan de relance économique, le 16 juin, en dressant un tableau peu reluisant de la situation actuelle, pointant du doigt cette dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures qui n’en finit pas, la bureaucratie, la part prépondérante de l’informel dans l’économie, la fraude fiscale.

Ce qui constitue la force de l’Algérie (hydrocarbures) constitue également sa plus grande vulnérabilité, commente-t-il, relevant que l’économie algérienne reste très dépendante des prix internationaux des hydrocarbures qui ont connu une baisse tendancielle depuis le choc de 2014.

Un tel constat, Djerad n’est pas le premier à le faire, fait observer le média, qui note que la réduction de la part des hydrocarbures, qui représentent 98 % des recettes en devises du pays, par la diversification de l’économie est un vieux serpent de mer.

Il s’agit de l’objectif déclaré de tous les gouvernements qui se sont succédé ces 30 dernières années, mais aucun n’a pu faire avancer le pays dans cette voie, rappelle-t-il.

Il estime qu'il n’était donc pas attendu de Abdelaziz Djerad de réaliser dans 18 mois ce que tous ses prédécesseurs n’ont pas pu faire en trente ans ou plus.

Il souligne que quand il évoque les tares de l’économie nationale qui l’empêchent justement de se diversifier, comme le climat des affaires, l’archaïsme du système bancaire ou la bureaucratie, il est permis de lui faire le reproche ainsi qu’à son gouvernement de n’avoir pas fait grand-chose pendant dix-huit mois pour lever au moins une partie de ces entraves.

Un chantier qui devait pourtant constituer une priorité nationale dans une conjoncture de tarissement justement de la principale source de financement des besoins du pays, insiste le média.

Le discours de Djerad est-il un aveu d’échec ? se demande-t-il, notant qu’il est d’autant plus légitime de s’interroger que, dans son discours, certes porté sur la projection et la prospective, il n’a pas été question de réalisations, d’avancées ou même d’amorce de réforme dans les domaines évoqués.

En Mauritanie, la presse locale s’attarde sur l’accord final conclu entre le ministère de l’éducation et les enseignants prestataires.

"Nous sommes tombés d’accord avec le ministère de l'Education nationale sur un plan qui assure un règlement définitif de notre dossier", a affirmé la Coordination des enseignants prestataires de services, cité par les médias locaux.

Ces médias précisent que l’accord porte aussi sur l’organisation d’un concours annuel pour le compte des prestataires de services de l’enseignement, qui débutera à la fin de l'année en cours, lequel aboutira à l’intégration directe dans la fonction publique des candidats admis.

L'accord prévoit également "l'ouverture d'un contrat légal au profit de ceux qui ont dépassé l'âge de la fonction publique, ou pour ceux d’entre eux, ayant l'âge de la fonction publique qui n'ont pas eu la chance de réussir le concours organisé cette année", relèvent les mêmes sources.

Ils ajoutent que le gouvernement mauritanien a annoncé lundi l’annulation de la décision adoptée depuis quelques années empêchant les bacheliers âgés de plus de 24 ans d’accéder à l’université ou les établissements d’enseignement supérieurs du pays.

Cette décision est justifiée par l’intérêt porté à l’enseignement supérieur par les citoyens de tous les âges, notamment pour ceux pour qui l’accès à l’enseignement supérieur a toujours été un rêve et qui a tout déployé pour décrocher le baccalauréat, font savoir les mêmes sources.