Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Rédigé le 24/06/2021
MAP


Tunis - Le blocage politique en Tunisie, le manque des ressources financières en Algérie et les moyens de développer la zone franche de Nouadhibou sont les principaux sujets abordés jeudi par la presse maghrébine.

"Tunisie Numérique" fait savoir que l'ancien dirigeant nahdhaoui, Lotfi Zitoun, joue les bons offices pour pousser à la rencontre entre le Président de la République, Kaïs Saïed et le président de l’ARP, Rached Ghannouchi.

"Réussira-t-il à rapprocher les deux ennemis irréductibles là où d’autres médiateurs ont lamentablement échoué ?" se demande-t-il, relevant que cette médiation intervient alors que des millions de téléspectateurs assistent, effrayés, à l’agonie lente des Tunisiens touchés par le Covid et dont certains dorment dans les couloirs des hôpitaux délabrés de Kairouan, de Béja et d’ailleurs.

Alors que devant une situation sanitaire exceptionnelle, le Conseil national de sécurité devait se réunir en urgence, rappelle-t-il, relevant que le président Saeïd rechigne à s’assoir autour de la même table que Rached Ghannouchi, lequel, en sa qualité de président de l’ARP en est un membre permanent.

"C’est dire le degré d’animosité qui règne chez les deux hommes et qui rend leurs relations si exécrables, voire épidermiques. Et qui a sans doute poussé Lotfi Zitoun à proposer sa médiation", commente-t-il.

Et c’est dans ce contexte que l’ex-ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Lotfi Zitoun, réputé être très proche du leader historique d’Ennahdha, bien qu’il ait claqué avec fracas les portes de son parti, est intervenu pour proposer ses bons offices, explique-t-il. Ainsi, l’enfant terrible d’Ennahdha connu pour la finesse de ses analyses politiques et l’audace de ses positions même vis-à-vis de son ancien mentor, s’est réuni mardi dernier au palais du Bardo avec Ghannouchi, fait-il savoir.

Il indique que dans un post publié sur sa page officielle, le président de l’ARP et du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi, estime que "le dialogue est la meilleure des solutions" en ajoutant avoir eu une rencontre avec Lotfi Zitoun, "à la demande de ce dernier".

Comment interpréter cette mystérieuse phrase ? se demande-t-il, notant que le cheikh de Montplaisir tient à souligner qu’il n’était pas à l’origine de cette initiative, amour propre oblige.

Il fait savoir que d’ailleurs, en signe d’apaisement et pour ne pas brûler la politesse au président, le cheikh a décidé le report de la diffusion de l’interview qu’il devait accorder à la chaîne de télévision, Hannibal TV, laquelle était initialement programmée pour la soirée du mardi 22 juin 2021.

Kaïs Saïed a rappelé, dans un communiqué, "qu’afin que le dialogue soit réellement national, il est indispensable que des représentants des jeunes de tout le pays y prennent part", indique le média.

Selon la même source, le communiqué ajoute que "cette rencontre a été l’occasion de lever certaines ambiguïtés. Et de souligner, notamment, que le président de la République n’est pas là pour attester du patriotisme des personnes ou de leur non patriotisme".

Pour sa part, "Tunisie Numérique" relève que le secrétaire général adjoint et porte-parole de l’Union Générale des travailleurs Tunisiens, Sami Tahri, a démenti les propos tenus par l’ex-dirigeant d’Ennahdha, Lotfi Zitoun, en rapport avec le contenu de son entretien avec le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi.

D’après la publication, Tahri a assuré que lors de cet entretien, Tabboubi s’est contenté d’écouter son interlocuteur qui était venu lui rapporter ce qu’il a eu comme échanges avec Kaïs Saïed et Rached Ghannouhi.

Tahri a tenu à préciser que ce qu’avait annoncé Zitoun concernant la déclaration de Noureddine Tabboubi qu’il était toujours prêt à continuer ses efforts pour rapprocher les points de vue des deux parties belligérantes, est complètement faux, poursuit la même source.

Selon le média, cette réaction de la part de Sami Tahri en dit long sur le malaise que suscite l’initiative de Lotfi Zitoun de vouloir proposer ses bons offices, pour réinitialiser le dialogue entre Kaïs Saïed et Ghannouchi.

Il souligne qu’à l’UGTT, on considère le dialogue national comme sa chasse gardée, et il n’est nullement question de laisser quiconque, et surtout Ennahdha, piétiner ces platebandes.

En Algérie, "Liberté" écrit que l’économie nationale peine de plus en plus à mobiliser les ressources financières nécessaires pour amorcer sa sortie de crise.

Selon le journal, le gouvernement le reconnaît ouvertement : Les banques sont peu outillées pour drainer l’argent de l’informel, alors que l’option d’un retour à la planche à billets est jugée trop risquée. La même source souligne qu’il s’agit d’une situation qui rend urgent l’engagement de réformes audacieuses pour faire redémarrer la machine économique.

Dans un contexte post-élections législatives où les pronostics vont bon train sur la composition du prochain gouvernement, l’actuel Premier ministre, Abdelaziz Djerad, est intervenu à deux reprises, cette semaine, pour défendre le bilan de son gouvernement, non sans pointer une trajectoire peu rassurante des finances publiques, fait-il observer.

Plus tôt cette semaine, il a, à ce propos, dressé le constat d’une économie algérienne fortement dépendante des prix internationaux des hydrocarbures, rappelle-t-il.

"De manière générale, notre économie connaît une faible productivité des moyens de production et souffre notamment de lourdeurs administratives, de carences en termes de gestion, de difficultés d’accès au financement ou encore de l’absence d’une vision intersectorielle de long terme cohérente, pouvant guider et encadrer la mise en œuvre des politiques publiques", a-t-il indiqué, dans la foulée d’un rapport critique du Conseil national économique, social et environnemental (Cnese) qui pointe un faible taux de concrétisation des mesures de relance économique, commente-t-il.

D’après l’auteur de l’article, Abdelaziz Djerad a noté dans sa publication diffusée sur le site web du Premier ministère la difficulté de mobiliser les ressources financières au profit de l’investissement et des entreprises publiques avant de revenir à la charge, quelques jours plus tard, avec un bilan élogieux de l’activité de son gouvernement.

Ses déclarations sur la difficulté à mobiliser les ressources financières contrastent en tout cas avec le discours ambiant qui tentait tant bien que mal de rassurer quant à l’état des fondamentaux des finances publiques, détaille-t-il.

Il note qu’après avoir remis la planche à billets dans ses cartons, la liquidité bancaire a repris son canal baissier au second semestre de 2019, faisant ressurgir les vieux démons de 2017, lorsque les tentatives de la Banque d’Algérie de libérer la liquidité à coups d’artifices monétaires se sont avérées vaines clôturant l’exercice avec l’adoption de la planche à billets comme moyen de financement.

La rechute de la liquidité fin 2019 a remis les leviers monétaires au goût du jour dès le début du précédent exercice, mais les mesures apportées par la Banque centrale n’ont été que d’un faible impact sur la liquidité, puisque celle-ci est passée de 1100,8 milliards de dinars à fin 2019 à 632,3 milliards de dinars à fin 2020, déplore-t-il.

Il souligne que pendant ce temps, l’Exécutif pédalait dans la semoule en quête d’un déclic à sa politique d’inclusion financière bâtie sur l’apport, très discutable, de la finance islamique au processus de bancarisation de l’économie souterraine.

Résultats des courses : le gouvernement reconnaît pour la première fois la difficulté de mobiliser la ressource financière au profit d’une économie en récession, rappelle-t-il.

Le gouvernement est sérieusement mis en demeure sur l’impératif de redynamiser l’investissement budgétaire qui alimentait jusqu’ici l’essentiel de la croissance et auquel l’investissement privé ne peut se substituer de sitôt, souligne le quotidien.

Il fait savoir que pis encore, l’investissement privé et le fonctionnement de bon nombre d’entreprises publiques dépendent du volume de la commande publique, laquelle est tributaire à son tour de financements auxquels l’Exécutif peine à trouver des sources.

Aux échecs, les mauvaises combinaisons préparent souvent le chemin qui mène au mat, estime-t-il, ajoutant que du reste, le déficit en financements est révélateur des limites d’un système financier et monétaire dont le mal est profond et les causes ont par conséquent une dimension structurelle.

En Mauritanie, la presse s’attarde sur l’adoption par le conseil des ministres du projet de loi modifiant des dispositions de la loi créant la zone franche de Nouadhibou (ZFN).

Les modifications apportées à la loi n°2013-001 du 02 janvier 2013 portant création de la Zone Franche de Nouadhibou sont de nature à impulser les investissements à travers l’affinement des missions de l’Autorité et du Centre de régulation de la zone franche et à encadrer davantage les relations entre ses différents acteurs pour plus de synergie et de cohérence des interventions publiques, expliquent les médias mauritaniens.

Cités par ces médias, le ministre mauritanien des Affaires Economiques et de la Promotion des Secteurs productifs et le ministre de l’Agriculture ont présenté une communication conjointe proposant un schéma de mise en valeur du potentiel agricole du pays.

Cette communication vise à présenter un nouveau schéma qui permettra l'exploitation du potentiel agricole et de dépasser les principaux obstacles liés au foncier, au financement des investissements requis et de la mobilisation de l’expertise nécessaire à une bonne gestion des exploitations