Bulletin écologique du Maghreb

Rédigé le 25/06/2021
MAP


Tunis - Environ 30 bailleurs de fonds internationaux sont en train d'apporter leurs aides et appuis à des projets environnementaux en Tunisie, d’après l’ONG "Jamaity".

Toutefois, des questions se posent sur l’efficience de ces projets et de l’aide allouée et annoncée toujours en grande pompe par les donateurs, mais dont la contribution réelle à l’amélioration de la situation sur le terrain demeure peu mesurable, d’autant que l’Etat lui-même et ses institutions sont souvent les premiers responsables des plus grands désastres écologiques en Tunisie, précise la même source.

Parmi les grands pollueurs en Tunisie, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) cite l’ l'Office National de l'Assainissement, la Compagnie de Phosphate Gafsa et le Groupe chimique Tunisien, dénonçant les atteintes de ces deux derniers à l’environnement dans le bassin minier de Gafsa (surexploitation de la nappe et pollution du sol).

Le forum dénonce aussi le parti pris de l’Etat depuis des dizaines années, en faveur des industriels et l’absence de volonté politique de sanctionner les entreprises pollueuses.

Pour preuve, l’Etat donne des autorisations et est soupçonné d’être de connivence avec des investisseurs qui utilisent des produits nocifs, à l’instar du coke (résidu de carbone) utilisé par les cimenteries, selon les exemples cités par le forum.

Face à cette situation et compte tenu de l’incapacité des institutions de l’Etat, dédiées à la protection de l’environnement, à jouer leur rôle, en raison notamment des problèmes de gouvernance qui les minent, à l’instar de l’Agence nationale de gestion des déchets (Anged), épinglée notamment par le rapport de la cour des comptes de 2018, le citoyen se retrouve ainsi seul face à ceux qui violent ses droits, avec, pour seul appui, celui de la société civile.

Alger, Facteur essentiel dans le cadre du développement durable, la valorisation des déchets (réutilisation, recyclage, compostage) demeure le maillon faible de la gestion des déchets en Algérie, selon un rapport que vient de publier l’agence nationale des déchets (AND)

Entre 2002 et 2017, une enveloppe de 88 milliards DA a été allouée au secteur de la gestion des déchets, selon le rapport 2020 sur l’état de la gestion des déchets en Algérie, soit 41 milliards de dinars destinés à l’acquisition du matériel de collecte et transport et 37 milliards consacrés à la réalisation des infrastructures (CET, centre de tri, déchetterie), précise la même source.

Les auteurs du rapport soulignent que les résultats de l'approche sanitaire adoptée restent infimes du fait qu'elle a hypothéqué la durabilité des investissements dans le domaine de la gestion des déchets.

Les entreprises de bâtiment et des travaux publics (BTP) sont de grandes productrices de déchets inertes (béton, briques, tuiles, bétons revêtus de colle, plâtres, verre, bitume, terres et cailloux, matériaux d’isolation, revêtements de sol…). On estime cette production pour l’année 2020 à plus de 13 millions de tonnes.

"L’absence d’efficacité économique des différentes activités constitue le maillon faible de la gestion des déchets", lit-on dans ce rapport. Ainsi, l’une des activités générant des gains dans le domaine de la gestion des déchets demeure la valorisation de ces derniers. Ce créneau permet l’atténuation des dépenses pour une meilleure gestion de ce secteur mais surtout l’impact écologique de ces déchets.