Bulletin économique du Maghreb

Rédigé le 25/06/2021
MAP


Tunis - Le 2e Dialogue de l'Union Européenne avec le secteur privé sous le thème "l’internationalisation et l’accès aux marchés internationaux de la PME en Tunisie : défis et opportunités à l’ère du post-COVID-19" s'est tenu mercredi dernier, selon un communiqué de la délégation de l'Union européenne en Tunisie.

Il s'inscrit dans le cadre de l’action "Du point de vue de l’entreprise : série de dialogues UE-Secteur privé", indique la délégation qui rappelle que la pandémie du COVID-19 a durement frappé l’économie tunisienne, entraînant un ralentissement économique sans précédent qui affecte particulièrement les PME. Toutefois, les entreprises qui ont moins souffert de la pandémie, sont souvent celles qui ont pu maintenir une activité internationale".

En effet," la présence internationale des entreprises est un levier stratégique qui leur offre une plus grande indépendance, notamment grâce à une répartition des fournisseurs/clients sur différentes zones géographiques. Ainsi, l’internationalisation constitue un facteur important permettant de soutenir la production, la distribution, les ventes et l’activité des entreprises aux marchés internationaux", relève la même source.

Il fait savoir que "C’est autour de cette thématique de l’accès aux marchés internationaux et sur la base d’un diagnostic partagé, qu’a porté ce dialogue thématique franc et constructif entre la Délégation de l’UE et les acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat et du financement tunisien".

La même source a précisé que "l’objectif commun de ce dialogue, est de contribuer à la prospérité et à la stabilité de la Tunisie, en particulier dans le contexte de la reprise post-COVID19, en soutenant notamment le gouvernement tunisien pour créer de nouvelles opportunités en faveur des PME et les aider à conquérir de nouveaux marchés, dans l’UE ou ailleurs".

Parmi les points clés de la réflexion et de ce diagnostic commun, ce dialogue a fait ressortir "l’importance d’un véritable accompagnement des PME tunisiennes dans leur démarche exportation/internationalisation sur les marchés internationaux traditionnels, ainsi que de nouveaux marchés et de les soutenir également, pour intégrer les chaînes de valeurs globales".

De même, l'accent a été mis sur "l’importance de favoriser le développement de nouveaux mécanismes de soutien aux PME pour leur permettre de prospecter de nouveaux marchés et d’accéder à des services administratifs digitaux".

Il est aussi, "nécessaire de soutenir l’amélioration et le développement des infrastructures et des services de logistique et de transport, afin de permettre aux PME d’être compétitives sur les marchés internationaux cibles" et de "renforcer et d’améliorer l’offre publique et commerciale de solutions de financement et de couverture de risques, en adéquation avec les besoins spécifiques des entreprises exportatrices".

-. Les autorités publiques africaines sont appelées à réagir avec célérité et efficacité pour mettre en œuvre les réformes urgentes en vue d'assainir et renforcer le climat des affaires et d'asseoir un environnement incitatif à l'investissement au diapason des exigences pour la création d'entreprises innovantes, a souligné, jeudi, Marouane Abassi, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

Lors d'une allocution prononcée au nom du Président Kais Saïed, à l'ouverture de la conférence internationale "FINANCING INVESTMENT & TRADE IN AFRICA" FITA 2021 qui se tient les 25 et 26 juin à Tunis, Abassi a indiqué que la crise sanitaire COVID-19 et ses retombées néfastes sur l'économie mondiale en 2020 a montré les limites de la mondialisation, qui en dépit de ses multiples apports à l'économie mondiale, a dévoilé des déficiences majeures, liées notamment à la rupture des chaînes d'approvisionnements.

Cette pandémie a ainsi mis en exergue l'importance vitale de la proximité, d'où l'impérieuse nécessité, pour les Africains, de se concentrer désormais sur l'importance à accorder au renforcement de la coopération régionale et sous régionale, a-t-indiqué.

Il a, dans le même contexte, évoqué la faiblesse de la coopération panafricaine en matière d'échanges commerciaux (14,4 % en 2019), ajoutant que les échanges de biens sur le continent ne dépassent guère 2,5% du commerce mondial, outre la détérioration du ratio d'endettement, qui est de l'ordre de 70% du PIB.

Pour la Tunisie, les échanges avec le Continent (hors pays arabes) continuent à représenter des parts minimes dans le commerce extérieur global, soit 2% des exportations et seulement 0,5% des importations.

Marouane Abassi a indiqué que des défis majeurs sont à relever par les pays africains pour raviver au plus vite le rythme de l'activité économique, maîtriser la dette et surtout dépasser les difficultés croissantes qui entravent l'accès aux marchés financiers internationaux, outre la garantie d'un financement stable et à des conditions abordables.

"A cet égard, le FMI estime à 285 milliards de dollars les financements supplémentaires nécessaires aux pays africains sur la période 2021-2025, dont près de la moitié doivent cibler les pays à faible revenu", a-t-il dit.

Et d'ajouter que "Néanmoins, et avec les perspectives de reprise de l'économie mondiale en 2021, (croissance de 5,6% et progression du commerce mondial de marchandises de 8%), de vastes opportunités s'offrent aux économies africaines qu'il faut exploiter à bon escient".

En Tunisie, face à la pandémie, et en appui aux mesures d'endiguement prises par les autorités publiques, la contribution du système financier a été déterminante dans la gestion de la crise par la mise en œuvre de mécanismes et actions non conventionnelles permettant d'alléger les charges financières des entreprises et des ménages, et de renflouer les liquidités des agents économiques, y compris l'Etat.

"Ce rôle doit être consolidé davantage sur l'ensemble du Continent, en vue d'accompagner efficacement la reprise de l'activité économique, par le renforcement des capacités du système, l'amélioration des services financiers basés sur le digital, au profit des entreprises aussi bien celles agissant dans les domaines conventionnels que les start-ups et les Finetech", a-t-il estimé.

Abassi a, par ailleurs, souligné que les autorités de régulation, notamment, les Banques Centrales ont un rôle déterminant à jouer, non seulement en tant qu'institutions de stabilisation macroéconomique et de préservation des équilibres financiers, prérequis de la relance de l'investissement local et étranger, mais aussi en tant que pourvoyeur des agents économiques d'un outil fiable d'ancrage des anticipations et de la visibilité nécessaire dans un environnement entaché d'incertitude.

-. Le déficit budgétaire en Tunisie s'est allégé de 47%, à 1,218 milliard de dinars (1 euro = 3,26 dinars), à fin avril 2021, selon les résultats provisoires de l'exécution du Budget de l'Etat, que vient de publier le ministère tunisien de l'Economie, des finances et de l'appui à l'investissement.

Cet allègement a été favorisé par la hausse de ressources budgétaires de 10,3%, à environ 10,5 milliards de dinars, en raison notamment, de l’accroissement des recettes fiscales de 20%, à 9,9 milliards de dinars, contre une légère baisse des charges budgétaires de 1,3%, à près de 11,7 milliards de dinars.

La diminution des charges budgétaires est expliquée par la régression des enveloppes allouées aux dépenses d’intervention de 6,5%, à 2,3 milliards de dinars et aux dépenses d’investissement de 18%, à 0,7 milliard de dinars.

En revanche, les dépenses de rémunération se sont accrues de 2,7%. Il importe de noter que ces dépenses, dont la valeur s’élève à 6,7 milliards de dinars, à fin avril, représentent 57% du total des charges budgétaires.

Pour ce qui est des ressources de trésorerie, elles ont baissé de 19%, à 4,4 milliards de dinars, dont près de 97% sont des ressources d’emprunt (4,2 milliards de dinars).

A noter que les emprunts extérieurs ont augmenté de 115%, durant les quatre premiers mois de 2021, pour atteindre les 2 milliards de dinars, alors que les emprunts intérieurs ont très légèrement évolué de 1%, à 2,3 milliards de dinars.

-. Alger, Dans son Plan de relance économique 2020-2024, le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, a dressé un constat "amer" sur la situation économique de l’Algérie.

Dans ce plan publié ce 16 juin sur le site du Premier ministère, il a souligné la forte dépendance de l’économie algérienne au secteur des hydrocarbures qui, selon lui, "a empêché toute diversification de l’économie, favorisé les importations par rapport aux exportations (hors hydrocarbures) et a fini par limiter le poids du secteur industriel a seulement 6 à 7 % du PIB".

Pour Djerad, l’économie algérienne reste très dépendante des prix internationaux des hydrocarbures qui ont connu une baisse tendancielle depuis le choc de 2014.

"Le Fond de Régulation des Recettes (FRR) a rempli son rôle en amortissant partiellement la baisse des réserves puisqu’il a été entièrement consommé dès l’année 2017", a-t-il souligné.

Il a constaté que d’une manière générale, l'économie algérienne connaît une faible productivité des moyens de production et souffre notamment de lourdeurs administratives, de carences en termes de gestion, de difficultés d’accès au financement ou encore de l’absence d’une vision intersectorielle de long terme cohérente, pouvant guider et encadrer la mise en œuvre des politiques publiques.

Par ailleurs, le PM souligne que l’économie algérienne a été particulièrement mise à rude épreuve au cours de ces deux dernières années : en 2019 du fait de la crise politique qu’a traversé le pays, et en 2020 du fait de la crise de la Covid-19.