Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Rédigé le 25/06/2021
MAP


Tunis - La situation de l'économie tunisienne, les coupures d’internet en Algérie et la situation épidémiologique en Mauritanie sont les principaux sujets abordés vendredi par la presse maghrébine.

En Tunisie, "L’Economiste maghrébin" écrit que comme attendu, il n’y a pas de grandes pressions sur le budget de l’Etat, relevant qu'après le ministère de l’Economie, des Finances et d’Appui à l’Investissement qui vient de publier les résultats de l’exécution du Budget de l’Etat jusqu’à la fin du mois d’avril, il y a un déficit de 1,21 milliard de dinars (1 euro = 3,28 dinars) contre un trou de 2,30 MMDT sur la même période en 2020, à cause de la crise sanitaire.

Il fait savoir que côté revenus, une amélioration de 10,3% à 10,49 MMDT s’observe, provenant des recettes fiscales (+20,2% à 9,95 MMTD).

Les impôts sur le revenu rapportent 3,27 MMTND, en hausse de 13,3% en rythme annuel. Les revalorisations salariales de la fonction publique et une meilleure activité du secteur privé permettent d’atteindre ces chiffres, note-t-il.

Il fait état d’une progression des impôts sur les sociétés de 3% à 854 MTND, ajoutant que les sociétés non pétrolières ont assuré l’essentiel de ce montant.

Selon la même source, la forte contribution des sociétés financières, qui devaient payer une contribution conjoncturelle, finit par compenser la faible activité des sociétés pétrolières, lesquelles souffrent toujours de problèmes sociaux dans les sites de production, outre la baisse des prix observée l’année dernière.

Par ailleurs, l’amélioration des échanges commerciaux draine des recettes douanières de 452 MTND (+25,6% en rythme annuel), poursuit le média, qui relève que contrairement à 2020 et l’instauration d’un confinement général, la consommation se redresse relativement.

Tout en faisant état d’un recul des recettes non fiscales en passant de 1,23 MMTND jusqu’à fin avril 2020 à seulement 498 MTND cette année, il explique que cette baisse s’explique par la régression des revenus des participations à 200 MTND seulement.

Le paiement du dividende par la BCT, normalement effectué dans les mois qui ont suivi, devrait rééquilibrer cette rubrique, ajoute-t-il, précisant qu’au niveau des dépenses, elles s’établissent à 11,66 MMTND et ce, en légère baisse de 1,3% par rapport aux quatre premiers mois de 2020.

D’ailleurs, le principal centre de coût reste les rémunérations qui atteignent 6,71 MMTND, en hausse de 2,7% en rythme annuel, relève la même source, pour qui les autres postes de charges dans le budget de l’Etat ont été relativement maîtrisés: -6,5% à 2,38 MMTND pour les dépenses d’intervention, -18% pour les dépenses d’investissement à 762 MTND et -0,8% pour les charges de financement à 1,37 MMTND.

Quant à elle, la compensation a coûté 1,07 MMTND contre 1,47 MMTND en 2020, alors que l’endettement global de la Tunisie s’élève désormais à 97,67 MMTND, fait savoir la même source.

Elle précise que jusqu’à fin avril 2021, l’Etat mobilisait des dettes internes de 2,30 MMTND contre 1,98 MMTND de dettes extérieures, notant que sur la même période, il remboursait 2,49 MMTND, dont 908 MTND à ses créanciers locaux et 1,58 MMTND à ceux étrangers.

L’endettement global de la Tunisie se répartit entre 36,68 MMTND en dinars et 60,99 MMTND en devises et les prêts libellés en Euro pèsent 59,4% contre 23,9% en dollar et 10,2% en Yen, indique la même source.

"Pour le moment, les équilibres se maintiennent donc. Mais c’est clairement au détriment de la croissance", commente l’auteur de l’article, qui note que le gouvernement continue à se contenter du minimum syndical en matière d’investissement pour honorer ses engagements pour les aspects sociaux et envers ses créanciers.

Il estime que les vraies difficultés d’exécution du budget ne se manifesteraient que vers le dernier quart de l’année surtout si aucun accord n’est signé avec le FMI.

En Algérie, "TSA" relève que depuis quelques années, les cinq jours que durent les épreuves du baccalauréat sont devenus synonymes de calvaire pour les Algériens, rappelant que pour cause, les autorités procèdent systématiquement à la coupure totale ou partielle de la connexion Internet pour éviter la fraude.

Cette année n’a pas dérogé à la règle et la connexion à Alger et à travers tout le pays était problématique, relève-t-il, notant que quand elle n’est pas carrément coupée, elle est très lente.

Ni le gouvernement, ni Algérie Télécom, ni les opérateurs de téléphonie mobile n’ont communiqué sur cette coupure, déplore le média, rappelant que cela fait cinq ans que ça dure et autant d’années que professionnels et simples citoyens se plaignent et se demandent si, vraiment, les autorités n’ont pas d’autre option que de bloquer un pays entier et d’éprouver davantage une économie déjà mal en point.

D’après le média, la démocratisation des nouvelles technologies a donné naissance à un nouveau phénomène, la fraude aux examens scolaires par ces moyens de communications, miniaturisés ou non.

Il note que la fraude peut se faire par la recherche des réponses sur les moteurs de recherche ou la réception des réponses par mail ou une application de discussion, estimant que c’est la fuite des sujets sur les réseaux sociaux qui constituent un gros casse-tête et qui a mené les autorités concernées à recourir à cette solution extrême.

Le scandale de la fuite des sujets du bac en 1992, alors qu’il n’y avait pas encore les réseaux sociaux est toujours dans les esprits, rappelle la même source, estimant que beaucoup soulignent que les autorités exagèrent en faisant de la fraude un point de fixation.

Il se demande : "Qui paiera le manque à gagner qu’accumuleront toutes les entreprises algériennes pendant ces cinq jours de coupure ? Que dire alors des secteurs entiers qui se sont mis à la numérisation, comme les administrations publiques (retrait des documents d’état civil par exemple qui se fait via internet), les banques et même certaines administrations publiques ?

De son côté, "Inter-lignes" qualifie de "mascarade nationale", les coupures d’internet durant les examens du BAC, faisant état d’administrations paralysées pendant des jours, d’énormes pertes pour les entreprises et des citoyens pénalisés.

Selon le média, la coupure du réseau internet au prétexte de lutter contre la triche et la fuite des sujets d’examen n’a rien apporté cette année encore, mis à part un record de personnes lésées et de condamnations.

En effet, la mesure, exclusivement algérienne, n’a pas fait ses preuves, fait-il remarquer, notant que des cas de fraude et de fuite des sujets sur les réseaux sociaux ont été enregistrés.

Avant même la fin des épreuves, le ministère de la Justice a annoncé que des poursuites ont été engagées contre près de 70 personnes et que 28 personnes croupissaient déjà dans les prisons le mercredi 22 juin pour "triche", fait-il savoir.

L’application de cette mesure pour la cinquième année consécutive est "un échec", estime Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil National Autonome du Personnel Enseignant du Secteur Ternaire de l’Éducation (CNAPESTE), cité par la publication.

Elle note que même si des promesses de réformes sont brandies chaque année, aucune d’elle n’est appliquée.

En Mauritanie, la presse locale s’attarde sur la situation épidémiologique relevant que 39 nouvelles contaminations à la pandémie du Covid-19, ont été enregistrées le 23 juin.

D’après le ministère mauritanien de la Santé, la dernière mise à jour de la situation épidémiologique a montré également la guérison de 34 cas, confirmés après 1.611 tests tous de type diagnostic.

Aucun cas de décès au coronavirus n’a été déploré au cours de la même période, fait également savoir le Département gouvernemental dans son bulletin quotidien.